Démarche


Démarche artistique

 

La Normandie et les patrimoines de Normandie sont mes sources d’inspiration qui me donnent l’occasion d’évoquer les richesses et les atouts de cette région normande : le littoral, la Seine, les cités normandes, les patrimoines architecturaux et naturels et e qui fait l’identité de ces territoires.

 

Ces terres normandes ont été le théâtre d’édifications remarquables  de constructions gallo-romaines dans lesquelles la mosaïque trouvait une place de choix. Le patrimoine archéologique de la Seine Inférieure fut d’ailleurs répertorié au XIXème siècle par l’Abbé Cochet, ancien membre de l’Académie des Sciences, Belles lettres  et Arts de Rouen. Il fut conservateur du musée des Antiquités de Rouen dans lequel sont exposées la grande mosaïque  de Lillebonne et celle de la forêt de Brotonne.

 


 


Le Pixel-Artmosaic

 



 

Avec ce médium  je compose   des "opus régulatum",  des mosaïques de verre inspirés des paysages côtiers, des forêts comme celle de Brotonne, des édifices remarquables comme la cathédrale de Rouen aux tombées de la nuit, des représentations des ports et des cités portuaires, des édifices d’art contemporain comme celui de la verrière de l’église d’Yvetot  et l’église  St Joseph du Havre. Par ailleurs j’aime à composer des portraits.

 

Le Pixel-Artmosaic inspiré de l’opus régulatum de l’art Bysantin, de l’héritage impressionniste et du courant du divisionniste de Signac  est en quelque sorte la rencontre entre  l’ancien et la modernité

Ma technique du Pixel-Artmosaic consiste à assembler des tesselles posées les unes à côté des autres, collées, jointoyées ou non pour former une représentation.

L’apport de l’image numérique et de  l’image  animée des jeux vidéo contribue à cette fusion de l’antique avec le contemporain. Le Pixel-Artmosaic est un nouveau genre, une nouvelle interprétation de ma vision du monde et « un nouvel âge de la mosaïque » comme l’a écrit un journaliste à propos de mon art.

 



La mosaïque d'art


 


 


 

  • une fresque monumentale en neuf  tableaux de mosaïque de verre représentant la vallée de la Seine normande, avec l’autorisation spéciale de reproduction, de représentation ou d’adaptation de IGN – France.
  • une série de petits formats « Traces, empreintes et passages » avec des smalts vénitiens

 

La mosaïque traditionnelle me sert aussi de médium pour des œuvres évoquant des lieux, des légendes de Normandie.

 



La sculpture-mosaïque sur bois flotté



 


 

Pour mes sculptures, je collecte en Normandie  des Bois Flottés  sur le rivage de la Côte d’Albâtre et surtout sur les berges de la Seine.

De ces formes étonnantes et surprenantes à l’état brut naissent mes « Bêtes de Seine »

Très récemment, j’ai  développé  la mosaïque sur chronoxyle. Des chronoxyles charriés par le fleuve arrivent à s'échouer sur les berges de la Seine surtout après les cycles des grandes marées d’équinoxe.

Ainsi piégés ces monoxyles  de bois flottés redeviennent  de  potentiels « bois mort »  au contact de l’air libre.  Ils trouvent une autre vocation  en tant qu’œuvre artistique dès lors que je les sculpte et que je les « mosaïque » par la technique du champlevé et du méplat.

Le Champlevé

Le champlevé  est un terme de métier qui consiste à pratiquer une rainure dans une pièce le plus souvent du métal  comme en orfèvrerie. Cela revient à abaisser le champ d’une pièce afin de pouvoir y incruster une autre pièce, en l’occurrence ici des tesselles de verre ou des smalts vénitiens.

Sur mes bois flottés de la collection « Bêtes de Seine » et  sur mes chronoxyles de la série des  « monoxyles mosaïque » j’utilise cette technique du champlevé. J’évide,  je creuse  des motifs que je remplis de mosaïque de verre coupée, ajustée tout en jouant avec les couleurs sans pour autant systématiquement  composer avec les  oppositions  de pleins et  de creux.


A propos de l'art du bois flotté

Le bois flotté devient  non plus un déchet à retirer des cours d’eau comme une nuisance même si sa prolifération est à canaliser, il devient aujourd'hui une pièce de bois à part entière offerte à la création artistique, à la sculpture à l’installation en pleine nature dans les paysage  des villes, villes d’eau etc…(Arles, Evian, Chaumont sur Loire…  ).  Les peuples de l'arctique  l'utilisaient déjà  ila près de 2000 ans à des fins d'usage utilitaire et chamanique.

Hannah Arendt  dans La condition de l’homme moderne

« Le monde est un ouvrage d'art (au sens des arts et métiers), c'est-à-dire un environnement matériel stable, incarné dans des objets durables qui sont les produits de l'ingéniosité humaine; et c'est cet environnement qui est, selon Arendt, la destination des œuvres d'art (au sens des Beaux-arts).

Ainsi, le monde n’est pas la société. Le monde est un environnement culturel caractérisé non seulement par des symboles et des règles, selon le critère proposé par Lévi-Strauss, mais par des productions matérielles durables : des objets. L'être humain produit des choses «qu'on ne rencontre pas dans la nature». «Le monde est lié aux productions humaines, aux objets fabriqués de main d'homme, ainsi qu'aux relations qui existent entre ses habitants» précise Hannah Arendt dans La Condition de l'homme moderne. Mais le concept de monde n'est pas synonyme de culture au sens courant du terme, car une culture est liée à une société particulière alors que le monde dont parle Arendt est commun à tous les hommes. Il n’est pas relatif à une société particulière. Il a l’universalité de la nature.

En opposant le monde humain à la nature et en associant l'art exclusivement au monde humain, Hannah Arendt rend au moins justice à la vocation de l'art, qui est d'abord, comme l'a fortement souligné Gilson, de «faire». Cela exclut-il la possibilité qu'une chose naturelle puisse être esthétiquement évaluable ? Non.

Mais le bois flotté, la pierre, le coquillage, promus au rang d'œuvres d'art supposent au moins cette intervention humaine minimale par laquelle l'objet sélectionné est en quelque sorte arraché à la nature et introduit dans le monde humain où il est présenté à l'évaluation esthétique.

Les œuvres d'art, dit Arendt, sont «les plus mondaines des choses». «Mondaine» ne veut pas dire ici «relatif à la bonne société» («people», futile); «mondaine» ne veut pas dire non plus «qui appartient au monde entier» («mondial» au sens de la mondialisation). L'œuvre d'art est «mondaine» parce qu'elle est faite pour le «monde» au sens défini plus haut: l'environnement culturel et matériel durable, façonné de main d'homme et qui crée le lien humain de génération en génération.

Si elle est faite «pour le monde», l’oeuvre a bien une finalité, celle d'être au monde. Mais elle n'a pas de fonctionnalité. L'œuvre d'art n'a strictement aucune fonction : ni celle de décorer, ni celle d'enseigner l'histoire, ni celle d'éduquer moralement, ni celle de témoigner, ni même celle d'exprimer les sentiments ou la vision du monde de l'artiste. Toute tentation de trouver une fonction à l'art est une dérive utilitariste. La seule finalité de l'art est d'être là, d'exister dans le monde. C'est ce qu'affirme très clairement Arendt dans cet autre extrait de La Crise de la culture:

«On fait des grandes œuvres d'art un usage tout aussi déplacé quand elles servent les fins de l'éducation ou de la perfection personnelles, que lorsqu'elles servent quelque autre fin que ce soit. Ce peut être aussi utile, aussi légitime de regarder un tableau en vue de parfaire sa connaissance d'une période donnée, qu'il est utile et légitime d'utiliser une peinture pour boucher un trou dans un mur. Dans les deux cas, on utilise l'objet d'art à des fins secondes.»

Source  in : Hannah Arendt. L'art, le temps et l'utilité

 

Sculptures  et œuvres de bois flotté

Quelques sculptures faites de bois flotté ont été construit sur les plages ou les vasières.

-       Au Kullaberg, la Suède, Lars Vilke créé une œuvre d'art Nimis bois de flottage dans l'année 1980. Cette sculpture et deux autres ont conduit à la déclaration de Ladonia tant que nation indépendante.

-       Heather Jansch - Sculptor - Driftwood - Bronze in www.heatherjansch.com/ -

-       Sculptures ont été créées sur le Emeryville, en Californie vasière et marais de San Francisco Bay dans la fin des années 1960.

-       des sculptures de bois flotté  ont été installées dans la Chapelle Sainte-Anne d ' Arles (France)

A ma connaissance, la première sculpture collective en bois flottés a été édifiée au centre de la chapelle Ste Anne de la ville d’Arles (France) par les visiteurs de l’exposition "Marcher dans le pas des glaneurs" organisée par "A Flots perdus", couple d’artistes arlésiens, en mars 2008.

« Construite avec des morceaux de bois flotté posés en équilibre, cette représentation de la "Bête des marais des Launes a atteint deux mètres de hauteur et de trois mètres cinquante de longueur, le dernier jour de l’exposition. Le 18 mars 2008, elle a été démontée et les bois flottés ont été remis au Rhône pour respecter le cycle de la nature et remercier le fleuve pour sa prodigalité. Source. La Provence du 15 mars 2008.
* La deuxième sculpture collective en bois flottés a été édifiée au centre de la chapelle Ste Anne de la ville d’Arles (France) par les visiteurs de l’exposition "Marcher dans le pas des glaneurs – 2eme édition" organisée par "A Flots perdus", couple d’artistes arlésiens,et Pierre Milhau en février 2010. Construite avec des morceaux de bois flotté posés en équilibre, cette représentation de la "Bête des marais des Launes a atteint deux mètres cinquante de hauteur et cinq mètres cinquante de longueur, le dernier jour de l’exposition. Le 17 février 2010, elle a été démontée et les bois flottés ont été remis au Rhône pour respecter le cycle de la nature et remercier le fleuve pour sa prodigalité. »

Source. La Provence du 14 février 2010. via Petite histoire du bois flotté | Jeanne-Marie Créations

en 2014, Goulven Loaëc et moi-meme avons initié la 1ère biennale d'art du bois flotté à Caudebec-en-Caux en Seine Maritime: 14 artistes normands et bretons se sont retrouvés lors de cette manifsetation.

D'autres événements autour du bois flotté se tiennent en Gaspésie au Canada (Sainte-Anne-des-Monts se veut la capitale du bois flotté en Gaspésie), en Nouvelle Zélande à Hokitika, à Evian(le fabuleux village des flottins), au Vieux-Boucau-les-Bains dans les Landes.



C.A.I.R.N [Mosaïque verticale] Land Art

 

"Le C.A.I.R.N. est une Construction Artistique Incorporant des Roches Naturelles" - Installation © Pascal Levaillant  2012



 


Mes Installations de mosaïques verticales et éphémères de galets,  les  C.A.I.R.N (s)  sont érigées un peu partout sous le territoire normand (littoral et Vallée de Seine) et ailleurs.

Dans cet art apparenté au Land Art,  les oeuvres éphémères érigées en milieu naturel  ne subsistent que par la trace photographique prise par l'artiste.

 

 

En pleine nature le cairn est une  pièce unique de mon art éphémère (Land Art) sur les berges de la Seine et sur le littoral normand.

 

A contrario des monolithes (menhirs), le C.A.I.R.N  s’apparente à  une mosaïque de pierre, verticale, toute en équilibre et  sans joint. Cet art et cette pratique ancestrale  éphémère, atypique  sont peu répandus  sauf sur le littoral (Manche- Atlantique-Baltique-Mer du Nord…) ou au sommet des montagnes.

 

Le cairn est entré dans le courant artistique du Land art [apparu à  la fin des années 1960 aux Etats Unis]

Depuis les années 60 le Land Art apparait et est devenu une tendance de l’art contemporain. Les artistes utilisent des matériaux issus de la nature comme le bois, la terre, les pierres, la  rocher, le sable  et bien d’autres matériaux comme le bois flotté. Ils utilisent ces matériaux en les creusant, les évidant, en les sculptant, en les déplaçant dans l’espace en les répétant, en les accumulant, en les plantant dans le sol, en les habillant, en les transformant...

 

Le Land art propose une approche monumentale, minimale et conceptuelle du traitement artistique du paysage.

 

Il s’agit pour les artistes et les passionnés du Land Art d’effectuer des interventions sur ou dans le paysage  en le modifiant de manière provisoire ou durable.

 

En phase une certaine idée du respect de la nature, par mes C.A.I.R.N (s)  j’œuvre davantage sur une toute légère modification, très provisoire, des éléments sélectionnés pour leur édification car aux  marées successives,  la plupart de ces  C.A.I.R.N (s) retournent au fleuve ou à la mer par l’effet des vagues et du vent.

Plus généralement les artistes du Land Art veulent vivre un rapport intime avec la nature en proposant d’éloigner l’art des musées et des galeries.

Beaucoup d’artistes s’inspirent des sites archéologiques et sacrés. Certains ajoutent à leurs œuvres des éléments naturels étrangers à la structure première, aux matériaux originels de l’œuvre.

 

D’autres se contentent d’utiliser les matériaux existants  tels mes  C.A.I.R.N (s) sur le lit  ou sur la rive d’un fleuve.

 

Ce mouvement dont le premier axe historique est le gigantisme  et la transformation important des lieux,  lié aux paysages américains est né dans les années 1960.

Pour ma part, je suis plus  adepte  à une installation en harmonie avec la nature, moins violente [les déplacements des éléments collectés, choisis, sélectionnés se limitent à des marquages, de simples traces et empreintes du pas, d’un pied]

L’œuvre subsiste par le biais d’un film, d’une vidéo ou de photographies permettant à l’artiste, aux artistes de fixer l’œuvre et l’installation en pleine nature. Comme beaucoup d’artistes, je photographie mes œuvres en pleine nature. Mes  C.A.I.R.N (s) [œuvres  éphémères, mosaïque verticale de pierre ] sont ainsi immortalisés  pour garder la trace des œuvres]

Je construis mes C.A.I.R.N (s)  sur le littoral de la Côte d’Albâtre (Somme et Seine Maritime), le Léon, les Côtes-d’Armor (Trégor), le Finistère (Léon),  l’Ile et Vilaine (Côte d’émeraude), le Cotentin (Manche), en ville  (Rouen) ou sur les rives de la Seine mais pas seulement...(Savoie, Isère, Ain, Lot, Garonne ...)

 

Gilles A. Tiberghien offre un aperçu des connaissances sur et autour du Land Art  dans son ouvrage « Land Art », il définit le Land Art comme une épure et l’ambition de se débarrasser de l’art du chevalet et des grands principes du modernisme et faire entrer l’art hors des musées et de le faire autrement que dans des expositions muséales.

Travailler dans la nature devient la toile, la matière, l’opus.

Quant à Jean Noël Fessy, il écrit postule que c’est « l’art dans la nature », « c’est sortir de son atelier solitaire pour aller travailler dans, en rapport et avec la nature, nature qui peut d’ailleurs très bien être urbaine »

Source in : www.artactif.com/fessy, www.artactif.com/fr/land-art.php-

A lire et à consulter ce bel ouvrage : Marc Pouyet Artistes de nature Pratiquer le Land Art, au fil des saisons Ed Plume de carottes plumedecarotte.com




 

Art Végétal & Land Art [Aire végétale]





algues  green and purple - land art  - pourville 2012 fw

 


 

Evoquer le règne végétal revient à se préoccuper aujourd’hui de la sauvegarde des espèces et pas seulement de l’exploitation outrancière à seuls fins alimentaires ou de profit.

 

  L’art est une alternative à ces préoccupations matérielles, alimentaires, environnementales, politiques au niveau planétaire.

 

Les problèmes environnementaux sont multiples et tout autant que les démarches artistiques liés à l’environnement dans le lequel œuvre l’artiste.

 

C’est par l’angle du Land art que j’approche l’art du végétal, démarche complémentaire à l’art du minéral, le C.A.I.R.N. [Construction Artistique Incorporant des Roches Naturelles"]



feuilles a petits carreaux on canvas aire vegetale levaillant 2012 300 dpi bd

 

Créer avec et au sein du règne végétal est une expérience, un acte innovant et artistique qui s’exprime depuis ma prime enfance et qui n’a cesse d’évoluer. En effet, au fil du temps, je continue d’entretenir un rapport intime avec la nature, dans la nature.

 

Je puise dans ce règne végétal un élan, une source d’inspiration qui rend le végétal motif, matériau, matière, support pour la création.

 

Le végétal offre en effet une diversité infinie, une mosaïque de couleurs sans limite à l’égal de l’infinie richesse des tonalités trouvées dans la nature à l’état naturel.

 

La création artistique s’impose au gré des balades, des collectages, des collections de feuilles, feuillages, bois, textiles, matières, fibres…

 

Ces formes et structures végétales (aires végétales) s’installent en pleine nature ou dans des endroits inédits  (monuments, décors naturels)… et conservés par le biais de la prise de vue photographique.

 

Le végétal est devenu pour moi un médium qui me rapproche sans cesse de la nature.

 

Depuis longtemps philosophes et artistes ont compris l’imbrication de la nature et de l’art.

 

Aristote a eu cette formule : « l’art imite la nature ».

 

Cette formule donna naissance à la « Mimésis ». Zeuxis fut un peintre qui marqua les esprits tant la vraisemblance de ses raisins peints trompait les oiseaux venant les picorer en vain. Il est dit que plus tard la « Mimésis » a influencé le système pictural occidental de la Renaissance au XIXème siècle. Même si cette doctrine a dominé l’histoire de l’art pendant cette période, elle a été pour autant condamnée dès l’antiquité puis par Léonard de Vinci et Albrecht Dürer.

 

Aline Rutily, dans l’ouvrage « ESTHETIQUE ET ENVIRONNEMENT », évoque l’idée, que Dürer et Vinci affirmaient dans leurs peintures, que le peintre trouve en lui-même les « idées intérieures » qui sont à l’origine de la création artistique.

 

D’autres détracteurs de la « Mimésis » tels Hegel ou Eugène Delacroix soutiennent que «  l’art est un processus mental et que le modèle est intérieur. »

 

Selon Hegel « de nature essentiellement spirituelle, l’œuvre d’art est l’expression de la subjectivité et des sentiments de l’artiste »

 

Cependant la question de l’imitation suscite encore un vif intérêt de nos jours : Exposition « Copier-Créer », 1993, Musée du Louvre in « ESTHETIQUE ET ENVIRONNEMENT, p12.

 

Entre ces époques et ces mouvements de l’histoire de l’art, Arcimboldo (1530-1593) peintre maniériste italien, connu pour ses portraits composés de végétaux ou de minéraux a toujours attiré ma curiosité.

 

Aline Rutily souligne encore que depuis Whistler et Turner, la subjectivité de l’artiste est à l’honneur. Pour Oscar Wilde dit-elle, « personne avant le XIXème siècle, n’a prêté aux paysages londoniens noyés de brume la moindre valeur esthétique ».C’est ce que diront plus tard d’une autre façon certains critiques d’art d’ « impression, soleil levant » de Monet (Impression, soleil levant est un tableau peint en 1872 par Claude Monet.)

 

Aline Rutily, in « ESTHETIQUE ET ENVIRONNEMENT, p19, à propos de l’œuvre d’art contemporaine et de son rapport à l’environnement, soutient, citant Catherine Millet in : l’Art contemporain en France Flammarion (1987), « qu’on a pu même parler de « mutation » de la peinture et de la sculpture en installations.

 

« Des collages cubistes ou surréalistes aux installations de Patrick Saytour ou d’Edouard Kienhollz, en passant par les ready-made de Duchamp ou le Combine-Painting de Robert Rauschenberg, l’œuvre comporte de plus en plus d’objets, de matériaux que l’artiste contemporain emprunte à son environnement immédiat et qu’il détourne à des fins esthétiques. » Aline Rutily, in « ESTHETIQUE ET ENVIRONNEMENT, p19

 

Le texte suivant de Michel de Certeau a éclairé la portée de mon élan artistique pour mieux le comprendre.

 

« La raison technicienne croit savoir comment organiser au mieux les choses et les gens, assignant à chacun une place, un rôle, des produits à consommer.
Mais l’homme ordinaire se soustrait en silence à cette conformation.
Il invente le quotidien grâce aux arts de faire, ruses subtiles, tactiques de résistance par lesquelles il détourne les objets et les codes, se réapproprie l’espace et l’usage à sa façon »
Michel de Certeau – L’invention du quotidien 1. Arts de faire, nouvelle édition établie et présentée par Luce Giard. Editions Gallimard, Paris, 1990.

 

Aline Rutily in ESTHETIQUE ET ENVIRONNEMENT, p22. : « L’œuvre éphémère inscrite dans le paysage a acquis un statut de nouvelle forme d’art, comme média autonome dans le champ des arts plastiques. L’idée, héritée des romantiques, que   la nature est en elle-même une œuvre d’art conduit ces artistes à donner à voir un signe minimal de leur intervention comme, par exemple, une simple ligne tracée sur le sol »

 

C’est lors des premières installations, interventions éphémères d’artistes dans le paysage, au cours des années 60, que les « Earth-workers » ont quitté les espaces clos, les musées pour œuvrer en pleine nature, in situ.

 

Plus récemment des artistes contemporains ont revisité le végétal en l’introduisant dans leurs œuvres de Land Art par des installations en pleine nature, minimalistes ou monumentales.

 

Le végétal est alors détourné, manipulé, déplacé, combiné dans son environnement naturel ou dans des lieux insolites dédiés à des installations.

 

De l’œuvre éphémère minimale inscrite dans le paysage, ou du « paysage ready made » des créateurs démiurges en land art aux jardins d’artistes , cette nouvelle lecture des éléments du monde végétal a inspiré Andy Glodsworthy, Nils-Udo, Bob Verschueren, Richard Long, Richard Shiling et les français Gilles Bruni, Marc Babarit depuis les années 60 en bien d’autres de leurs contemporains depuis.

 

Incorporer le végétal dans la création est aujourd’hui plus qu’un mouvement. C’est devenu une démarche artistique contemporaine y compris par d’autres médium et médias tels la photographie, l’architecture, les arts décoratifs, le paysage végétal, les jardins, la vidéo…

 

L’artiste devient créateur d’espaces… en cela j’aime ancrer mes œuvres au cœur des lieux de vie des hommes mais aussi et surtout à l’écart des lieux de vie des hommes dans des espaces naturels (forêt- rives et plages des rivières et fleuves, littoral …) qu’ils délaissent pour la plupart au profit de ses déambulations en ville, en milieu urbain.


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Land art - Aire végétale -C.A.I.R.N - Installation © Levaillant 2012

 

Mouvement FRIENDS © Levaillant 2012 :

 

Formes, Roches Installations Elémentaires Naturelles De Seinemaritime

 

 

 

Lectures – repères bibliographiques :

 

ESTHETIQUE ET ENVIRONNEMENT, Aline Rutily, Nathan pédagogie, éditions Nathan 1994,

 

Ribon Michel, l’Art et la nature, Hatier, Paris, février 1988

 

Ferrier Jean-Louis, l’Aventure de l’art au XXème siècle, Chêne-Hachette, Paris, Octobre 1988

 

Pelissier Alain, Du Paysage, CNAC, magazine n°44, Centre Georges-Pompidou, Paris, mars-mai 1988



 "La route" - photographies


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La route, la nuit, quelque part.

Depuis 2006 et plus intensément depuis 2007, je photographie la route par tous les temps,

en toutes circonstances, sous tous les angles, au volant.

En Haute Normandie et en toute région et même au delà, mon regard se porte sur un univers dont les

peintres s'inspirent aujourd'hui mais bien avant moi quelques cinéastes et photographes

se sont aussi immergés dans cet univers que tout le monde connait  si bien.

Vous reconnaitrez des routes, des ambiances, des endroits...

bref la route nous appartient.

Cette série de photographies n'est que le reflet de la partie immergée d'un album constitué

de milliers de clichés.


Cet album rend hommage à la chanteuse Lhasa (la route) qui nous

a quitté il y a deux ans bientôt,

au cinéaste David Lynch (Lost Highway)

et à Jack Kérouac (on the road) qui ont tous trois magnifié décrit et dépeint cet univers fascinant et tout autant familier:

"la route"

Cet album de photographies  a été commencé fin 2006 avec mes différents appareils photo  Nikon (100, 200 et celui d'aujourd'hui )


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